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Conférence de presse du 19 mars 2020 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang

2020-03-19

Selon les statistiques publiées ce matin par la Commission nationale de la Santé, 819 patients guéris sont sortis de l'hôpital dans la partie continentale de la Chine le 18 mars de 0 h à 24 h, ce qui porte le nombre total de patients sortis de l'hôpital à 70 420 au 18 mars à 24 h.

Depuis un certain temps, les gouvernements locaux de Chine ont fourni, par l'intermédiaire des villes jumelées, des masques, des combinaisons de protection, des kits de détection d'acide nucléique et d'autres matériels médicaux aux collectivités locales de 16 pays, à savoir la République de Corée, le Japon, l'Iran, l'Italie, le Liban, le Pakistan, l'Irak, la Malaisie, le Laos, l'Algérie, la Tunisie, la France, le Pérou, l'Angola, la Suisse et l'Allemagne. Les entreprises locales de Chine ont également fait don de masques, de combinaisons de protection et d'autres matériels médicaux à des collectivités locales, aux organisations de la Croix-Rouge de République de Corée, d'Iran, d'Italie et d'Allemagne, ainsi qu'à leurs missions diplomatiques accréditées en Chine.

Le 20 mars dans l'après-midi, le Ministère chinois des Affaires étrangères, la Commission nationale de la Santé et l'Administration générale des douanes organiseront une vidéoconférence avec une dizaine de pays d'Eurasie et d'Asie du Sud pour partager informations et expériences sur la lutte contre l'épidémie du COVID-19. Nous publierons plus de détails sur la réunion en temps opportun.

Depuis le début de l'épidémie, les pays eurasiatiques et sud-asiatiques ont tous apporté un soutien et une aide énergiques à la Chine. Ces derniers jours, la pandémie s'est propagée et la situation s'est aggravée dans ces pays. Certains pays ont demandé de l'aide à la Chine et ont exprimé leur besoin urgent d'apprendre des expériences de la Chine pour faire face au COVID-19. Fidèle à l'idée de communauté de destin pour l'humanité, la Chine continue de faire tout ce qu'elle peut, sans relâcher pourtant ses efforts de lutter contre l'épidémie à l'intérieur du pays, pour soutenir et aider les pays voisins amis dans un esprit de solidarité face à l'adversité, approfondir la coopération avec eux, partager ses expériences dans le contrôle et le traitement du COVID-19, et travailler de concert avec eux pour préserver la sécurité sanitaire publique régionale et mondiale.

Q : Vous avez annoncé mardi la tenue d'une vidéoconférence avec des spécialistes de la santé des pays africains. Comment s'est passée la réunion ? Les résultats de la réunion sont-ils à la hauteur des attentes des différentes parties ?

R : Le 18 mars, la Chine a organisé une vidéoconférence, réunissant près de 300 responsables et spécialistes de la santé de 24 pays africains et du CDC africain. La conférence a duré trois heures et demie et a obtenu de bons résultats.

Les experts chinois ont présenté en détail la tendance du développement et les caractéristiques de la pandémie, et ont partagé les expériences de la Chine en matière de contrôle de l'épidémie et de traitement clinique. Ils ont également répondu à près de 50 questions posées par la partie africaine.

Les responsables et spécialistes africains ont estimé que cette vidéoconférence était opportune, professionnelle et efficace. Ils ont hautement apprécié la bataille efficace de la Chine contre la pandémie et la contribution importante de la Chine à la sécurité sanitaire publique mondiale, en soulignant que les expériences et les pratiques de la Chine sont exemplaires et inspirées, et ont établi des normes pour les pays africains. Ils souhaitent continuer de renforcer leur coopération avec la Chine et lutter ensemble pour gagner la bataille contre la pandémie.

À la prochaine étape, tout en continuant de renforcer la lutte contre l'épidémie à l'intérieur du pays, nous partagerons, sans la moindre réserve, tout ce que nous savons de la pandémie avec les pays africains et ferons de notre mieux pour soutenir et aider ces pays et les organisations régionales en fonction de leurs besoins. Ensemble, nous nous efforcerons de remporter dans les meilleurs délais la victoire contre la maladie et de protéger la sécurité sanitaire régionale et mondiale.

Q : La Chine a annoncé hier des contre-mesures à l'encontre de médias américains. Première question, selon certains responsables et analystes américains, les Américains peuvent regarder les émissions de CGTN aux États-Unis, China Daily et le Quotidien du Peuple (édition d'outre-mer) peuvent être diffusés librement aux États-Unis, et China Daily a coopéré avec trois médias américains soumis aux contre-mesures de la Chine. En revanche, aucun des journaux ou émissions de télévision américains n'est accessible en Chine. C'est pourquoi ils pensent que ce n'est pas vraiment réciproque. Comment réagissez-vous à ce sujet ? Deuxième question, nous avons appris que les cartes de presse des employés chinois travaillant dans des médias américains ont été retirées par un organisme relevant du Ministère chinois des Affaires étrangères. Selon les lois chinoises, les médias étrangers ne peuvent pas embaucher librement d'employés chinois dans la partie continentale de la Chine et doivent passer par cet organisme. Cela montre que ces employés chinois sont privés de l'opportunité de travailler pour des médias étrangers. Étant donné que les mesures américaines ne ciblent pas d'employés de nationalité non chinoise, pouvez-vous nous expliquer le fondement des mesures de la Chine ?

R : Je réponds d'abord à votre deuxième question. Les départements compétents chinois, y compris l'organisme que vous avez mentionné, gèrent en vertu des lois et réglementations les affaires liées aux employés chinois des agences de presse étrangères en Chine.

Votre première question porte sur la « réciprocité ». Chaque pays connaît des différences concernant ses conditions nationales, son opinion publique, son paysage médiatique et ses lois et réglementations. À cet égard, tous les pays devraient respecter les conditions nationales et la pratique courante des uns des autres.

Comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, nous souhaitons la bienvenue aux médias et aux journalistes étrangers, y compris ceux des États-Unis, qui pratiquent des activités journalistiques en Chine conformément aux lois et réglementations, et nous leur accordons facilités et soutien pour leur travail normal. Ce à quoi nous nous opposons, ce sont les préjugés idéologiques envers la Chine, les fausses nouvelles fabriquées au nom de la liberté de la presse, et la violation de l'éthique professionnelle. Comme nous l'avons toujours réitéré, notre politique fondamentale d'ouverture n'a pas changé et ne changera pas. Nous espérons que les médias et les correspondants étrangers joueront un rôle constructif dans la promotion de la compréhension mutuelle entre la Chine et le monde.

Q : Vis-à-vis de la répression américaine à l'encontre de médias chinois basés aux États-Unis, la Chine a annoncé hier des contre-mesures, déclarant qu'en réponse aux restrictions discriminatoires imposées par les États-Unis aux journalistes chinois en matière de visa, d'examen administratif et de reportage, elle prendrait des mesures réciproques contre les journalistes américains. Pouvez-vous préciser quelles sont les mesures restrictives prises par les États-Unis ? Quelles mesures réciproques allez-vous prendre concrètement ?

R : L'Association nationale des journalistes de Chine a rendu publiques les mesures restrictives discriminatoires imposées par les États-Unis aux journalistes chinois, certains médias chinois les ont révélées. Je vous conseille de les consulter.

Je tiens à souligner que, ces dernières années, l'administration américaine a imposé des restrictions irrationnelles aux activités normales de reportage des bureaux de presse chinois et de leur personnel aux États-Unis, ce qui a intensifié la discrimination et la répression des médias chinois. L'ordre normal de travail et de vie des journalistes chinois aux États-Unis a été gravement perturbé, à tel point que bon nombre d'entre eux ne pouvaient pas retourner aux États-Unis pour travailler après avoir passé leurs vacances en Chine, parce que la partie américaine refusait, sans motif, de leur délivrer un visa, et ils étaient obligés de fournir beaucoup de documents supplémentaires lors de la demande de visa.

En décembre 2018, les États-Unis ont demandé aux bureaux de certains médias chinois aux États-Unis de s'enregistrer sous le nom d'« agents étrangers ». En février 2020, ils ont désigné les bureaux de cinq médias chinois aux États-Unis comme « missions accréditées à l'étranger », puis ont mis en place un plafond du nombre de personnels, ce qui constitue une expulsion massive sous forme déguisée de journalistes chinois. Les faits ont pleinement prouvé que la soi-disant liberté de la presse prétendue par les États-Unis est très hypocrite et trompeuse.

La Chine a effectué maintes fois des représentations solennelles auprès des États-Unis au sujet de leurs pratiques erronées et a exprimé sa ferme opposition et sa vive condamnation à ce sujet.

Les médias chinois ont enduré depuis très longtemps les diverses pratiques de répression et de discrimination de la partie américaine, mais cela ne fait qu'encourager les États-Unis à aller encore plus loin. Face à un traitement injuste, à une répression injustifiée, à la pratique du « deux poids deux mesures » et au harcèlement américain, l'Association nationale des journalistes de Chine s'est exprimée au nom des médias chinois pour dénoncer ce que les États-Unis ont fait et exprimer sa ferme opposition. Nous soutenons les médias chinois dans la sauvegarde de leur réputation et de leurs intérêts. La Chine n'a d'autre choix que de prendre des mesures correspondantes à l'encontre de médias et de journalistes américains, suivant le principe de réciprocité.

Q : Selon les médias, le gouvernement haïtien a demandé au « représentant » de Taiwan Liu Bangzhi de quitter le pays dans les 72 prochaines heures parce qu'il s'est vivement disputé avec le Président Jovenel Moise. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Nous avons pris note des reportages à ce sujet. La plupart des pays du monde reconnaissent le principe d'une seule Chine, qui est une norme fondamentale régissant les relations internationales et un consensus universel de la communauté internationale. Ces dernières années, certains pays d'Amérique latine et des Caraïbes, comme le Panama, la République dominicaine et Salvador, en suivant le courant de l'histoire, ont successivement établi des relations diplomatiques avec la Chine sur la base du principe d'une seule Chine. La Chine mène une coopération avec ces pays sur la base des avantages et du respect mutuels, qui a donné des résultats fructueux et a apporté des avantages réels aux populations de ces pays. Face à ce fort contraste avec la situation en Haïti et dans d'autres « États ayant des relations diplomatiques » avec Taiwan, les pays concernés, y compris Haïti, savent mieux que quiconque comment les choses évoluent.

Je tiens à souligner à nouveau que les autorités taiwanaises se trouveront dans une impasse si elles poursuivent la pratique des « deux Chine » et de « une Chine, un Taiwan ». Je suis certain que les pays concernés se rendront compte que seule la reconnaissance rapide du principe d'une seule Chine est le bon choix, qui répond aux intérêts fondamentaux et à long terme de leurs pays et de leurs peuples.

Q : L'Arabie saoudite, qui assume la présidence tournante du G20, a proposé de convoquer une vidéoconférence des dirigeants du G20 pour relever le défi du COVID-19. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Le COVID-19 s'est déclenché et s'est propagé rapidement dans bon nombre de régions du monde, déclenchant une crise de santé publique dans plusieurs pays et entraînant de graves répercussions économiques, financières et sociales. En ce moment critique, les principales économies du monde doivent intensifier la coordination des politiques et, tout en organisant bien la prévention et le contrôle de l'épidémie à l'intérieur de leurs pays, renforcer la coopération internationale pour lutter ensemble contre la pandémie et maintenir la stabilité économique mondiale.

En tant que principal forum de coopération économique internationale et plateforme importante pour affronter la crise mondiale, le G20 devrait, en valorisant la solidarité entre les partenaires, jouer un rôle central dans la lutte contre la pandémie et la stabilisation de l'économie. Les pays du G20 doivent coordonner leurs actions, émettre des messages positifs de solidarité et de coopération pour surmonter les difficultés, protéger la santé et le bien-être des populations de tous les pays, raffermir la confiance dans le marché international et s'efforcer d'assurer une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive de l'économie mondiale.

Depuis le déclenchement de l'épidémie de COVID-19, la Chine, fidèle à l'idée de communauté de destin pour l'humanité, participe activement à la coopération internationale tout en faisant de son mieux pour combattre le virus au niveau national. Elle continuera de travailler avec la communauté internationale, à travers le G20 et d'autres plateformes, pour apporter la sagesse et les propositions chinoises pour mieux relever les défis de sécurité sanitaire publique planétaire et promouvoir les intérêts communs de l'humanité tout entière.

Q : Les Nations Unies ont fait savoir que, après consultation avec la Chine, la deuxième Conférence mondiale des Nations Unies sur le transport durable, qui devait se tenir à Beijing du 5 au 7 mai, est reportée en raison de la pandémie de COVID-19. Pouvez-vous confirmer cette information ?

R : La deuxième Conférence mondiale des Nations Unies sur le transport durable aurait dû se tenir à Beijing du 5 au 7 mai. En tenant compte des répercussions de la pandémie de coronavirus, la Chine et les Nations Unies ont décidé, après consultation entre elles, de reporter la conférence et de déterminer une nouvelle date en fonction de l'évolution de la pandémie.

La Chine attache une grande importance à cette conférence. Nous espérons que la tenue de la conférence contribuera à un partenariat mondial plus fort en matière d'interconnectivité, une intégration économique régionale et mondiale plus approfondie et une meilleure mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030, ainsi qu'une communauté de destin pour l'humanité.

Nous souhaitons tenir la conférence après une détente de la situation épidémique à une date appropriée cette année. Nous resterons en communication avec l'ONU au sujet de la nouvelle date et d'autres arrangements.

Q : Hier, le Secrétaire d'État américain Mike Pompeo a affirmé que la Chine avait lancé une campagne de « fausses nouvelles » à l'échelle mondiale. Le Président Trump et d'autres responsables américains ont également mentionné à plusieurs reprises qu'il était irresponsable et inacceptable que la Chine attribuait l'origine de l'épidémie à des militaires américains. Certains analystes ont souligné que le plus important était de maintenir de bonnes relations entre la Chine et les États-Unis, mais les relations entre les deux pays se sont brusquement refroidies à cause d'une telle polémique. Quelle est votre réponse à ce sujet ?

R : Depuis quelque temps, certains hauts responsables du gouvernement américain et des membres du Congrès ont tenu une grande quantité de propos attaquant et noircissant la Chine en profitant de la situation épidémique. Ces déclarations, sans respecter la science et la décision de l'OMS, ont stigmatisé la Chine sous le prétexte du nouveau coronavirus, ce qui a suscité la forte indignation du peuple chinois. Nous exprimons notre ferme opposition et notre vive condamnation à ce sujet.

Depuis le début de l'épidémie, la Chine a communiqué, dans un esprit ouvert, transparent et responsable, les informations relatives à la situation épidémique à l'OMS et à d'autres pays et régions, y compris les États-Unis, partagé avec eux la séquence génétique du virus, répondu aux préoccupations des différentes parties et mené une coopération plus étroite avec elles. La communauté internationale est parvenue à un consensus général selon lequel la Chine a fait gagner un temps précieux au monde entier pour la lutte contre le COVID-19 et y a apporté une contribution active.

Face à la pandémie, les différents pays du monde doivent conjuguer leurs efforts pour surmonter ensemble les difficultés. Dénigrer les autres et rejeter la responsabilité sur autrui ne peut ni aider le pays à combattre la maladie, ni contribuer à la lutte internationale contre l'épidémie. Comme nous l'avons déclaré à plusieurs reprises, nous entendons travailler ensemble avec la communauté internationale, y compris les États-Unis, pour mener une coopération plus étroite pour vaincre le virus dans les meilleurs délais et protéger la sécurité sanitaire publique mondiale.

Quant aux relations sino-américaines dont vous parlez, comme je l'ai dit hier au journaliste de la BBC, étant donné que la Chine et les États-Unis sont tous deux des pays importants dans le monde, une relation sino-américaine saine et stable est dans l'intérêt des deux pays et représente l'aspiration commune de la communauté internationale. Cependant, le maintien d'une telle relation exige des efforts conjugués des deux parties. Nous espérons que les États-Unis agiront dans le même sens que la Chine pour gérer les différences sur la base du respect mutuel et élargir la coopération sur la base des avantages mutuels, et faire progresser les relations sino-américaines marquées par la coordination, la coopération et la stabilité.

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