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Conférence de presse du 2 septembre 2020 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying

2020-09-02

À l'invitation du Ministre des Affaires étrangères Faisal bin Farhan Al Saud de l'Arabie saoudite, pays assumant la présidence du G20, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi assistera, par liaison vidéo, à la réunion des Ministres des Affaires étrangères du G20 le 3 septembre à Beijing. Les sujets à discuter comprennent les déplacements transfrontaliers de personnels et la gestion des frontières.

CCTV : Le Comité d'enquête spéciale de la Chambre des Représentants des États-Unis sur le nouveau coronavirus a affirmé que selon un rapport de la Maison-Blanche, les déclarations publiques des responsables de l'administration américaine sont en contradiction avec le rapport qu'ils ont émis et ils ont tenu à dissimuler la vérité sur la pandémie, ce qui a causé la mort supplémentaire de 58 000 Américains depuis juin, et menace la vie des millions d'Américains. En plus, le CDC américain a découvert dans une enquête que parmi les personnels soignants, 1 personne sur 20 avait été contaminée par le COVID-19, mais que 69% de ces infections n'avaient jamais été diagnostiquées. De plus en plus de personnes pensent que concernant la lutte contre l'épidémie, les États-Unis présentent un contraste frappant avec la Chine. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?

Hua Chunying : Je n'ai pas l'intention d'évaluer ce que les États-Unis ont fait pour faire face à l'épidémie de COVID-19, mais je me souviens de ce que le Dr Fauci a dit : « Les chiffres ne mentent pas ».

Hier, CCTV a diffusé une émission inhabituelle et très émouvante intitulée « La Première Classe de la rentrée », au cours de laquelle le Dr Zhong Nanshan, chef du groupe d'experts de haut niveau de la Commission nationale de la Santé et membre de l'Académie d'Ingénierie de Chine, qui s'est vu attribuer la Médaille de la République, et des experts et des chercheurs médicaux, dont Zhang Boli, Zhang Dingyu et Chen Wei, qui se sont vu attribuer le titre honorifique national de « Héros du Peuple », ont raconté des histoires émouvantes de la lutte menée par la Chine contre l'épidémie. L'émission télévisée comporte trois parties : solidarité, science et responsabilité. Je pense que ces trois mots-clés offrent une bonne explication sur le « secret » de la victoire stratégique majeure de la Chine sur l'épidémie. Comme l'a dit le Dr Zhong Nanshan, la ville de Wuhan, ville héroïque, depuis le 23 janvier 2020, jour de la suspension des transports permettant de sortir de Wuhan, a été mise au confinement pendant 76 jours, soit 1 814 heures. Grâce à ces efforts, le nombre de personnes contaminées en Chine a été réduit d'au moins 700 000. C'est ce sur quoi notre pays insiste : la vie humaine est ce qu'il y a de plus précieux. La vie humaine est le droit de l'homme le plus important. Nous avons sauvé tant de vies, et c'est la meilleure illustration des droits de l'homme en Chine. Le PCC et le gouvernement chinois ont toujours accordé la priorité absolue à la vie humaine et au peuple dans la prévention et le contrôle de l'épidémie. Nous avons non seulement protégé au maximum la vie et la santé du peuple chinois, mais également apporté une contribution importante à la lutte mondiale contre le COVID-19 et à la protection de la vie et de la santé des peuples du monde entier.

Le 23 janvier, le jour de la suspension en Chine des transports sortant de Wuhan, il n'y avait qu'un seul cas confirmé aux États-Unis. Le 31 janvier, les compagnies aériennes américaines ont suspendu les vols directs entre les États-Unis et la Chine. Le 2 février, les États-Unis ont fermé les frontières à tous les citoyens chinois alors qu'il n'y avait qu'une dizaine de cas confirmés signalés aux États-Unis. Le calendrier chronologique est parfaitement clair. Après la coupure par la Chine des voies de transmission de l'épidémie sur l'extérieur, pourquoi la situation aux États-Unis a-t-elle connu des changements dramatiques en quelques mois seulement ? C'est une question qui mérite une réflexion attentive et une enquête approfondie.

Nous éprouvons de la sympathie pour le peuple américain en situation difficile. Nous souhaitons qu'il puisse vaincre l'épidémie dans les meilleurs délais.

Macao Monthly : Nous avons remarqué que le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi vient de terminer ses visites en Italie, aux Pays-Bas, en Norvège, en France et en Allemagne, ce que certains médias considèrent comme l'engagement de la Chine avec l'Europe pour chercher à rompre l'encerclement diplomatique. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Ces propos ne sont pas exacts. Pour être précis, il s'agit d'une communication stratégique très importante entre la Chine et les pays européens dans un contexte d'incertitudes croissantes de la situation internationale. Le monde doit faire un choix entre le multilatéralisme et l'unilatéralisme, entre l'ouverture et l'isolement, entre la coopération et la confrontation. La Chine et l'Europe partagent un consensus large et important sur ces questions.

Pendant sa visite, le Conseiller d'État Wang Yi a eu des discussions franches et approfondies avec les dirigeants et les chefs de la diplomatie des cinq pays. Les cinq pays ont tous déclaré qu'ils attachaient une grande importance à leurs relations avec la Chine, qu'ils voulaient reprendre les échanges et la coopération avec la Chine le plus tôt possible, et qu'ils étaient prêts à améliorer la communication et la coordination avec la Chine pour relever ensemble les défis planétaires. Dans le même temps, ils ont tous exprimé leur inquiétude devant la propagation continue de l'épidémie dans le monde, la confrontation de l'économie mondiale à une profonde récession, la montée poursuivie de l'unilatéralisme, les coups portés au multilatéralisme, la « dissociation » et la division créées artificiellement, et l'intensification de la concurrence et de l'affrontement dans la situation internationale.

Les deux parties sont parvenues aux trois importants consensus suivants.

Premièrement, rester attaché au multilatéralisme et résister aux pratiques unilatérales. L'appel le plus fort des cinq pays européens consiste à défendre résolument le multilatéralisme. Ils estiment que la Chine et l'Europe doivent renforcer la coordination, s'en tenir au multilatéralisme, prendre des mesures multilatérales, respecter les accords multilatéraux et renforcer les institutions multilatérales.

Deuxièmement, renforcer la solidarité et la coopération et s'opposer à la division et à la « dissociation ». Les deux parties sont d'avis qu'il importe de renforcer davantage la coopération dans la lutte contre l'épidémie et de reprendre les échanges entre les personnels et la coopération pragmatique entre les deux parties le plus tôt possible, pour apporter la contribution chinoise et européenne à la reprise et à la croissance économiques mondiales. Les deux parties conviennent également de rejeter conjointement la tendance à contre-courant de l'incitation à la division, à la « dissolution » et à l'affrontement, afin que le monde ne soit plus soumis à la loi du plus fort.

Troisièmement, maintenir l'intérêt général des relations sino-européennes et bien gérer les divergences. Les deux parties estiment l'une comme l'autre qu'il est nécessaire de s'en tenir au partenariat stratégique global sino-européen et de bien appréhender l'aspect dominant du développement des relations sino-européennes. Quant aux divergences entre les deux parties, nous devons approfondir la compréhension et la confiance mutuelles par le dialogue sur un pied d'égalité et les discussions franches, réaliser le gagnant-gagnant par la coopération mutuellement avantageuse et gérer les divergences par des moyens constructifs.

Cette année marque le 45e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l'UE. Les deux parties ont une forte volonté de travailler de concert pour faire progresser les relations bilatérales. À l'avenir, nous avons six choses à faire ensemble.

Premièrement, bien préparer et mener les échanges sino-européens de haut niveau, pour donner l'orientation à suivre pour la coopération bilatérale. Deuxièmement, terminer les négociations sur un accord d'investissement Chine-UE dans le courant de cette année. Troisièmement, signer le plus tôt possible le « Programme stratégique de coopération 2025 Chine-UE ». Quatrièmement, encourager un partenariat vert sino-européen. Cinquièmement, renforcer la coopération économique numérique. Sixièmement, renforcer le soutien aux institutions multilatérales.

Comme les faits le prouvent, le développement des relations sino-européennes apporte non seulement de grands avantages aux peuples des deux parties, mais contribue également grandement à la paix, à la stabilité et au développement dans le monde. La Chine est prête à continuer de déployer des efforts avec la partie européenne pour faire progresser les relations bilatérales et défendre le multilatéralisme, le libre-échange et la paix et la stabilité mondiales.

CRI : Selon des reportages, le gouvernement de transition soudanais et le Front révolutionnaire soudanais, qui regroupe les partis d'opposition armés, ont signé, le 31 août, un accord de paix à Juba, capitale du Soudan du Sud, marquant des progrès significatifs dans le processus de paix interne du Soudan. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : En tant que pays ami du Soudan, la Chine salue et soutient la signature de l'accord de paix entre le gouvernement de transition du Soudan et les parties concernées du pays. La Chine entend travailler avec la communauté internationale pour continuer à déployer des efforts constructifs pour promouvoir la paix, la stabilité et le développement du Soudan.

ITV : ITV news a interviewé en Turquie une femme médecin qui a déclaré qu'elle avait pris part à un plan de contrôle de la population dans le Xinjiang appliqué par le Parti communiste chinois. Des femmes ouïgoures y ont-elles été soumises à une stérilisation ou un avortement forcés ? Et cela explique-t-il la baisse du nombre d'Ouïgours ? Par ailleurs, des médias américains disent que les États-Unis se préparent à attribuer l'étiquette de « génocide » sur la façon dont la Chine traite les musulmans ouïgours au Xinjiang. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Hua Chunying : Certains pays et certains individus ont fabriqué trop de mensonges concernant les questions liées au Xinjiang, y compris les citations qu'ils ont faites. Les faits prouvent maintes et maintes fois qu'ils ne sont que des acteurs manipulés par autrui. Ainsi, chaque fois que vous entendez dire que le Xinjiang a fait quelque chose aux Ouïgours, vous devez avoir votre propre jugement en distinguant le vrai du faux.

Puisque vous êtes intéressé par cela, je veux vous donner quelques informations. Tout d'abord, il faut souligner que l'assertion selon laquelle la Chine persécute les musulmans ouïgours au Xinjiang est un faux problème. C'est un thème sensationnel concocté par certaines forces anti-chinoises, une farce mise en scène pour calomnier et noircir la Chine.

Il y a 56 ethnies en Chine. L'ethnie ouïgoure est un membre jouissant de la même égalité que les autres membres de la grande famille de la nation chinoise. Le gouvernement chinois protège toujours les droits et intérêts légitimes des ethnies minoritaires. La politique démographique de la Chine a toujours favorisé les ethnies minoritaires, y compris les Ouïgours. Vous avez mentionné le contrôle de la population ouïgoure. Mais la vérité est que la population ouïgoure du Xinjiang a maintenu une croissance continue. En 1978, le Xinjiang avait une population ouïgoure de 5,55 millions d'habitants. Selon les dernières statistiques publiées par le Xinjiang, en 2018, ce nombre était passé à 12,71 millions, soit plus du double du nombre d'il y a 40 ans. De 2010 à 2018, la population des Ouïgours du Xinjiang a connu une augmentation de 2,54 millions d'habitants, soit une croissance de 25%. Ce taux d'augmentation est non seulement supérieur à celui de l'ensemble de la population du Xinjiang, mais également plus de dix fois supérieur au taux de croissance de la population han pendant la même période.

Certains médias ont révélé que les États-Unis envisagent d'attribuer l'étiquette de « génocide » sur la situation au Xinjiang. Je viens de dire que la population ouïgoure est passée de 5,55 millions à 12,71 millions d'habitants. Avec une telle augmentation de la population ouïgoure au Xinjiang, comment peuvent-ils parler de « génocide » ? Au contraire, l'expulsion, l'assimilation et le massacre des Indiens d'Amérique dans l'histoire des États-Unis ont fait chuter radicalement leur nombre, passant de 5 millions d'habitants à 250 000. Cela, c'est un « génocide ».

Je dois également souligner que les données utilisées par certaines forces étrangères anti-chinoises pour dénigrer et attaquer la politique chinoise à l'égard du Xinjiang proviennent essentiellement d'un soi-disant « chercheur » allemand, Zheng Guo'en. Les médias ont révélé à plusieurs reprises que Zheng Guo'en est en fait un activiste du « groupe chargé des thèmes de recherche sur les centres d'enseignement et de formation du Xinjiang » mis en place sous le contrôle des services de renseignements américains, qui gagne sa vie en concoctant des rumeurs sur le Xinjiang et en calomniant la Chine. Il a utilisé de manière sélective certaines données et a fait venir quelques « acteurs » pour jouer le rôle de « témoins » selon des « scénarios » et des « textes » préparés par lui. Son comportement fourvoyant et trompeur est scandaleux et devrait être puni par la loi. Quant à la question liée à la population ouïgoure, le gouvernement de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang a tenu une conférence de presse à ce sujet. Je vous conseille de la revoir attentivement.

Je dois également souligner qu'en observant et en commentant les affaires de la Chine, il faut toujours se fonder sur les faits et connaître la situation réelle, en évitant d'être partial dans son jugement, et surtout de répandre des mensonges et des rumeurs. Dans le même temps, nous souhaitons la bienvenue au Xinjiang à ceux qui se soucient vraiment du Xinjiang pour voir de leurs propres yeux comment les ethnies minoritaires du Xinjiang, comme les Ouïgours et les Kazakhs, s'entendent en harmonie avec les Han. Toutes les rumeurs s'effondreront devant la vérité.

Agence de presse Xinhua : Lors d'une rencontre conjointe avec la presse avec le Conseiller d'État Wang Yi, le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré que l'Allemagne et la Chine avaient souligné l'importance de préserver le JCPOA. Par ailleurs, une réunion de la Commission mixte du JCPOA au niveau des directeurs politiques a été convoquée le 1er septembre à Vienne. Pouvez-vous nous dire si la Chine et l'UE ont obtenu des progrès dans le respect du JCPOA ?

Hua Chunying : La Chine et la partie européenne sont toujours en étroite communication au sujet du maintien du JCPOA. Comme vous l'avez dit, la Chine, la Russie, l'Iran, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'UE ont récemment tenu une réunion de la Commission mixte du JCPOA. Le contexte de cette réunion est que les États-Unis veulent contraindre le Conseil de Sécurité à prendre des mesures illégales contre l'Iran. Un responsable du Département du Contrôle des armements du Ministère chinois des Affaires étrangères était présent à la réunion à la tête d'une délégation.

La réunion a émis un message clair sur le respect du JCPOA et de l'autorité du Conseil de Sécurité. Tous les participants à la réunion ont souligné que, lorsque les États-Unis ont annoncé unilatéralement leur retrait du JCPOA, ils ont perdu leur droit en tant qu'État participant au JCPOA et, avec cela, le droit d'en appeler au mécanisme de « reprise rapide des sanctions ». Toutes les parties ont réaffirmé qu'elles continueraient de discuter de la mise en œuvre du JCPOA dans le cadre de la Commission mixte et se sont félicitées du consensus dégagé entre l'AIEA et l'Iran sur la question de l'application des garanties.

La partie chinoise a souligné, lors de la réunion, que les États-Unis avaient renié leurs obligations juridiques internationales, se sont retirés unilatéralement du JCPOA, ont rétabli des sanctions unilatérales illégales et imposé une juridiction au bras long contre l'Iran, et n'ont ménagé aucun effort pour entraver la mise en œuvre du JCPOA par les autres parties. C'est l'origine profonde des tensions relatives à la situation nucléaire iranienne. La tentative illégale des États-Unis au Conseil de Sécurité a fait l'objet d'une vive opposition et n'aboutira pas. La Chine a réaffirmé sa position constante selon laquelle toutes les parties devraient rester déterminées à résoudre les divergences par le dialogue et les consultations dans le cadre de la Commission mixte, et a appelé toutes les parties à soutenir la mise en œuvre du consensus entre l'AIEA et l'Iran sur la question de l'application des garanties. Dans le même temps, la Chine soutient la mise en place d'une autre plate-forme de dialogue multilatéral, à condition de sauvegarder l'efficacité et l'autorité du JCPOA, pour que toutes les parties puissent forger un nouveau consensus sur le maintien de la paix et de la stabilité régionales. En résumé, avec les autres parties, la Chine se tiendra du bon côté de l'histoire pour défendre fermement le multilatéralisme et déployer des efforts inlassables pour faire avancer le règlement politique et diplomatique de la question nucléaire iranienne.

NHK : Selon des médias taiwanais, les autorités de l'île feront imprimer en plus grand les caractères signifiant « Taiwan » et « Taiwan passeport » sur la couverture du nouveau « passeport » des habitants de Taiwan. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

Hua Chunying : Quelles que soient les démarches malhonnêtes que font les autorités du DPP, elles ne peuvent pas changer le fait que Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois.

China Daily : Le porte-parole de la présidence philippine a répondu, le 1er septembre, à une question sur les sanctions américaines à l'encontre d'entreprises chinoises pour des travaux de construction dans des îles et atolls en Mer de Chine méridionale. Selon lui, les Philippines sont un pays indépendant, le Président Duterte n'interrompra pas les projets d'infrastructure auxquels participent des entrepreneurs chinois, et continuera à faire avancer les projets concernés. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine a clairement exprimé sa position sur l'annonce américaine de sanctions contre les entreprises chinoises participant aux activités de construction sur des îles et atolls en Mer de Chine méridionale.

Nous avons pris note des remarques faites par le porte-parole de la présidence philippine. Le Président Duterte prend la reprise économique et le bien-être de la population pour la priorité absolue du gouvernement philippin, et mène une politique étrangère indépendante fondée sur les intérêts nationaux des Philippines. Nous saluons cela car c'est conforme aux intérêts fondamentaux de la nation et du peuple des Philippines.

La coopération pragmatique entre la Chine et les Philippines a toujours été basée sur le respect mutuel et les avantages réciproques. Tous les projets sont conformes aux lois et règlements des deux pays. La synergie entre l'initiative chinoise « la Ceinture et la Route » et l'initiative philippine « Build, Build, Build » a donné des résultats positifs et apporté de plus grands avantages aux deux pays et aux deux peuples. Nous sommes prêts à approfondir la coopération bilatérale avec les Philippines.

AFP : Avez-vous des commentaires à faire au sujet du rapport du Pentagone sur la puissance militaire de la Chine, en particulier sur l'affirmation selon laquelle la Chine doublerait son stock d'ogives nucléaires dans la prochaine décennie ?

Hua Chunying : Tout comme les rapports précédents du Pentagone, ce dernier rapport fait fi des faits et est plein de préjugés. La Chine s'oppose fermement aux commentaires qui ne tiennent aucun compte des faits sur la défense nationale de la Chine, et à la déformation délibérée des intentions stratégiques de la Chine.

Les intentions stratégiques de la Chine sont transparentes et constantes. La Constitution de la République populaire de Chine stipule clairement que la Chine poursuit la voie du développement pacifique et œuvre à la construction d'une communauté de destin pour l'humanité. La Chine, qui applique toujours une politique de défense nationale de caractère défensif, est un bâtisseur de la paix mondiale, un contributeur au développement mondial et un défenseur de l'ordre international. Le développement de la puissance militaire de la Chine signifie justement une croissance des forces pour la paix mondiale. Le renforcement de la défense nationale par la Chine vise à sauvegarder l'indépendance nationale, l'intégrité de la souveraineté et du territoire, et exerce les droits et intérêts légitimes d'un État souverain, ce qui est absolument irréprochable.

Comme tout le monde le sait, la puissance militaire de la Chine est loin derrière celle des États-Unis. Les États-Unis dépensent, pour leurs forces armées, autant que les 10 pays réunis qui se classent derrière eux. Les États-Unis cherchent simplement des excuses pour poursuivre une supériorité et une hégémonie absolues dans le domaine militaire.

Nous exhortons la partie américaine à abandonner la mentalité obsolète de la guerre froide et l'état d'esprit du jeu à somme nulle, à cesser de publier des rapports irresponsables année après année, à adopter une vision objective et rationnelle des intentions stratégiques de la Chine et du renforcement de sa défense nationale, et à faire plus de choses favorables aux relations entre les deux pays et les deux armées, et non le contraire.

Shenzhen TV : Le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de la Défense de l'Inde ont récemment publié des déclarations disant que les troupes indiennes ont empêché avec succès, grâce à leurs mesures préventives sur la rive sud du lac Pangong Tso, la tentative de la Chine de changer unilatéralement le statu quo. Selon la partie indienne, des soldats chinois transportés par des véhicules militaires se sont rapprochés pour engager les troupes indiennes dans des arguments verbaux, mais sans affrontements corporels. La partie indienne a déployé des troupes sur les quatre hauteurs situées du côté indien de la ligne de contrôle effectif. Comment la Chine a-t-elle réagi à cet égard ?

Hua Chunying : La partie indienne prétend avoir pris certaines actions préventives. Comme le dit le dicton chinois : « Sachez que l'argent n'est pas enterré ici », ce qui signifie que celui qui tente de se disculper se trahit. Les déclarations de l'Inde révèlent le fait que les troupes indiennes ont été les premières à avoir fait des provocations en franchissant illégalement la ligne de contrôle effectif, à avoir changé le statu quo dans les zones frontalières et à avoir violé les accords bilatéraux et le consensus important.

Depuis le début de l'année, l'Inde a violé à plusieurs reprises les accords bilatéraux et le consensus important dans la section ouest de la frontière sino-indienne, tenté de changer unilatéralement le statu quo par la force, sapé la paix et la stabilité dans les régions frontalières et provoqué des tensions. La responsabilité incombe entièrement à la partie indienne. La Chine a maintenu une retenue maximale pour éviter une escalade de la tension.

Les deux parties sont en communication par les voies militaire et diplomatique. Nous exhortons l'Inde à discipliner strictement ses troupes frontalières, à mettre fin immédiatement à toutes les provocations, à retirer immédiatement toutes les personnes qui ont franchi illégalement la ligne de contrôle effectif et à cesser immédiatement de prendre des mesures susceptibles d'aggraver les tensions ou de compliquer la situation. Nous espérons que l'Inde travaillera dans le même objectif que la Chine pour mettre en œuvre les accords bilatéraux et l'important consensus auquel sont parvenus les dirigeants des deux pays, et déploiera des efforts réels pour maintenir la paix et la tranquillité dans les zones frontalières.

Reuters : La partie indienne a déclaré que l'« unité armée tibétaine » est une partie importante des forces armées indiennes, car elle a les meilleures capacités de combat à haute altitude. Cette unité, formée sous la direction de la CIA dans les années 1960, fait partie des « échanges stratégiques » entre les deux parties. Le dalaï-lama et le « gouvernement tibétain en exil » la soutiennent dans ses combats côte à côte avec l'Inde. Que pense la Chine des « Tibétains en exil » qui rejoignent l'armée indienne ?

Hua Chunying : Je ne suis pas au courant de ce que vous avez dit à propos de ces « Tibétains en exil » dans les forces armées indiennes. Vous pouvez poser la question à la partie indienne.

Mais j'ai noté certains mots que vous avez mentionnés, notamment les « années 1960 », la « CIA » et les « Tibétains en exil ». Ces termes poussent à bien réfléchir aux tenants et aboutissants des questions liées au Tibet et au rôle que les États-Unis y ont joué. La position de la Chine est très claire. Nous nous opposons fermement à la facilitation offerte par tout pays sous quelque forme que ce soit aux activités séparatistes des forces de l'« indépendance du Tibet ».

Je suis également curieuse de savoir quels sont les liens entre les soi-disant « Tibétains en exil » et les troupes frontalières indiennes. J'espère que vous pourrez faire une enquête approfondie. Je vous remercie d'avance si vous pouvez partager avec nous de plus amples informations à ce sujet.

Reuters : La Chine a-t-elle décidé de rejoindre l'initiative COVAX ? Si oui, combien la Chine envisage-t-elle d'y contribuer ? La Chine souhaite-t-elle stabiliser l'approvisionnement national en vaccins en participant au projet ?

Hua Chunying : Lors de la 73e session de l'Assemblée mondiale de la Santé, le Président Xi Jinping a promis que les vaccins chinois contre le COVID-19, après leur développement et leur mise en service, seront un bien public mondial, ce qui sera la contribution de la Chine pour assurer l'accessibilité et l'abordabilité des vaccins dans les pays en développement. Ceci est tout à fait cohérent avec les efforts de l'initiative COVAX pour garantir que tous les pays aient un accès égal à des vaccins contre le COVID-19 appropriés, sûrs et efficaces.

La Chine soutient l'initiative COVAX et reste en communication avec l'OMS et d'autres promoteurs du plan. Hier, les autorités chinoises compétentes et les sociétés de vaccins ont tenu une visioconférence avec l'OMS, l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), l'Alliance des vaccins et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) pour poursuivre les échanges de vues sur les questions concernées et ont convenu une fois de plus de faire progresser conjointement la R&D, la production et la distribution de vaccins contre le COVID-19 à l'échelle mondiale.

Les sociétés chinoises de R&D de vaccins respectent strictement les règles scientifiques, travaillent jour et nuit pour faire avancer leur travail, et elles ont obtenu des résultats encourageants. En fait, la Chine se trouve en tête de peloton dans le monde dans ce domaine. Neuf des vaccins candidats chinois sont entrés dans des essais cliniques, et quatre d'entre eux ont obtenu l'autorisation d'être soumis à la phase III des essais cliniques dans des pays étrangers. Pendant le processus de R&D, nous attachons une grande importance à la sécurité et à l'efficacité, et nous respectons strictement les normes, les lois et les réglementations internationales.

La Chine a pris note des attentes placées par certains pays sur la Chine en ce qui concerne la R&D, la fabrication et la distribution de vaccins. En fait, notre coopération avec certains pays a déjà commencé. La Chine, toujours fidèle à la parole donnée et résolue dans les actes, continuera à mener une coopération internationale dans la R&D, la fabrication et la distribution de vaccins. Et nous espérons que d'autres pays qui ont fait des progrès dans ce domaine se joindront à nous pour améliorer l'accessibilité et l'abordabilité des vaccins contre le COVID-19.

Bloomberg : Pouvez-vous préciser si la Chine rejoindra ou non l'initiative COVAX ? Et si vous ne pouvez pas le dire de manière précise, pouvez-vous nous dire pourquoi la Chine ne peut pas prendre cette décision ? Et si la décision est à venir, combien de temps faudra-t-il pour nous attendre à une telle décision ?

Hua Chunying : L'initiative COVAX vise à garantir que tous les pays ont un accès égal à des vaccins appropriés, sûrs et efficaces. La Chine a annoncé qu'une fois que la Chine réussira dans la R&D sur les vaccins et les mettra en service, elle fera des vaccins un bien public mondial et garantira leur accessibilité et leur prix abordable dans les pays en développement. Comme je l'ai dit, ce que fait la Chine est entièrement en accord avec l'initiative COVAX.

La Chine soutient l'initiative COVAX et reste en communication avec l'OMS et d'autres parties. Hier, nous avons tenu une visioconférence à ce sujet. La Chine restera en étroite communication étroite avec l'OMS et les promoteurs de l'initiative COVAX.

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