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Interview exclusive accordée par l'Ambassadeur Huang Wei au Journal HOROYA

2020-03-17

1. Q : La Guinée et la Chine sont ensemble depuis les premières heures de l’indépendance guinéenne en 1958. Que peut-on retenir de cette coopération ?

R : La Chine a été l’un des premiers pays dans le monde à reconnaître l’indépendance de la Guinée, tandis que la Guinée a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à établir des relations diplomatiques avec la Chine. Le Président Ahmed Sékou Touré a été le premier Chef d’État africain à visiter la Chine, alors que le Premier Ministre Zhou Enlai a fait de la Guinée une des étapes importantes de sa première tournée en Afrique. Les relations entre la Chine et la Guinée sont d’une grande importance pionnière dans l’histoire des relations sino-africaines. Comme vous l’avez dit, au cours des 60 ans écoulés, quels que soient les aléas de la situation internationale, les deux pays ont toujours avancé en travaillant côte à côte, et leur coopération pragmatique a donné des résultats fructueux dans les domaines tels que la politique, l’économie, les échanges socioculturels, l’éducation et la santé. Fidèle à la bonne conception de la justice et des intérêts, la Chine a fait depuis longtemps tout son possible pour aider la Guinée au développement socio-économique et à l’amélioration du bien-être de la population. Le Palais du Peuple, le Palais Sékhoutouréya, l’Hôpital de l’Amitié sino-guinéenne, le stade de Nongo, le Centre de RTG, la Centrale hydroélectrique Kinkon et celle de Tinkisso témoignent d’une amitié profonde et sans cesse consolidée entre la Chine et la Guinée. La Chine a commencé à envoyer des Missions médicales en Guinée à partir de 1968. Jusqu’à présent, 27 Missions médicales comportant au total 661 membres se sont succédées en Guinée. Depuis 1973, la Chine a accordé quelque 700 bourses gouvernementales à la Guinée. De plus, un grand nombre de Guinéens se rendent chaque année en Chine pour une formation de courte durée. Ces dernières années, guidées par le partenariat stratégique global sino-guinéen, de précieuses opportunités et de plus vastes perspectives de développement s’offrent aux deux pays. Les projets de transport routier, d’exploitation minière et d’autres projets dans l’accord-cadre ont été lancés. La deuxième tranche de travaux de l’Hôpital de l’Amitié sino-guinéenne, construit avec l’assistance chinoise, sera livrée cette année. Le projet « Accès à la télévision satellitaire dans 10 000 villages » a profité à 483 villages. Le projet hydroélectrique de Souapiti, après celui de Kaléta, a connu des progrès substantiels. Le projet du siège de l’Assemblée Nationale et celui de l’approvisionnement en eau de Conakry avancent activement. Je suis certain que la population guinéenne tire véritablement profit des fruits de cette coopération substantielle.

2. Q : Dans cette optique de la coopération sino-guinénne comment appréciez-vous l’apport de la Guinée ? Dans quel domaine cet apport se fait le plus sentir ?

R : La Chine et la Guinée sont de bons amis, de bons frères et de bons partenaires. Les deux parties s’en tiennent au respect mutuel et au traitement d’égal à égal, et font toujours preuve de compréhension et de soutien mutuels sur les questions concernant leurs intérêts fondamentaux et leurs préoccupations majeures, jetant ainsi une solide base politique pour la coopération bilatérale. Nous ne saurions jamais oublier que la Guinée, fidèle au principe d’une seule Chine, a voté pour le rétablissement de la République populaire de Chine dans son siège légitime aux Nations Unies lors de la 26e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1971. Les gouvernements successifs de la Guinée ont tous attaché une grande importance aux relations avec la Chine, en mettant l’accent sur les efforts déployés dans le même sens que la Chine, et en valorisant les profonds liens d’amitié traditionnelle entre les deux pays et la forte complémentarité économique, pour élargir activement la coopération pragmatique dans différents domaines. Il est à noter en particulier que, ces dernières années, les échanges de haut niveau entre la Chine et la Guinée sont devenus plus fréquents. Le Président Alpha Condé a effectué trois déplacements en Chine depuis 2016 et eu des entretiens fructueux avec le Président Xi Jinping, inaugurant une nouvelle ère du partenariat stratégique global sino-guinéen.

3. Q : Aujourd’hui, la Chine a apporté une grande innovation à l’échelle mondiale à travers le concept « la Ceinture et la Route ». Voulez-vous nous en dire en peu plus ?

R : Il y a plus de 2 000 ans, les êtres humains explorèrent plusieurs routes de commerce et d’échanges socioculturels reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, baptisées collectivement « Route de la Soie ». Au 21e siècle, en particulier après la crise financière de 2008, l’économie mondiale fait face à une reprise morose, et la situation internationale et régionale est complexe. Le Président Xi Jinping, faisant preuve de clairvoyance, a proposé en 2013 de construire la « Ceinture économique de la Route de la Soie » et la « Route de la Soie maritime du 21e siècle », soit « la Ceinture et la Route ». Cette initiative, originaire de Chine, appartient également et surtout au monde entier. Enracinée dans l’histoire, elle est également et surtout orientée vers l’avenir ; tournée principalement vers l’Asie, l’Europe et l’Afrique, elle est également et surtout ouverte à tous les partenaires. À ce jour, la Chine a signé 200 documents de coopération dans le cadre de « la Ceinture et la Route » avec 138 pays, dont la Guinée, et 30 organisations internationales. L’initiative « la Ceinture et la Route » et ses idées essentielles ont été inscrites dans les documents concernés des Nations Unies, du G20, de l’APEC et d’autres organisations régionales.

L’initiative « la Ceinture et la Route » n’est pas une alliance géopolitique ou militaire, ni un jeu à somme nulle, encore moins un soi-disant « club chinois ». Ce que nous soutenons, c’est mettre en pratique l’idée d’ouverture, d’écologie et d’intégrité, atteindre des objectifs durables, haut de gamme et favorables à la population, promouvoir la prospérité économique des pays riverains et la coopération économique régionale, renforcer les échanges et l’inspiration mutuelle entre les différentes civilisations et promouvoir la paix et le développement du monde pour le bonheur des peuples du monde entier, en transcendant différents pays et régions, différents stades de développement, différentes traditions historiques, différentes cultures et religions, différents us et coutumes, en respectant le principe de concertation, de synergie et de partage, et en mettant l’accent sur la coordination des politiques, l’interconnexion des infrastructures, la facilitation du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle des peuples.

4. Q : Que voudrait dire le concept « le socialisme à la chinoise » ?

R : Le socialisme à la chinoise signifie non seulement l’attachement aux principes fondamentaux du socialisme scientifique, mais aussi les caractéristiques chinoises distinctives données selon les conditions de l’époque. C’est le succès fondamental obtenu par le Parti communiste chinois et le peuple chinois en affrontant mille épreuves et en se donnant beaucoup de mal. La caractéristique la plus essentielle du socialisme aux caractéristiques chinoises est la direction du Parti communiste chinois. C’est sous la ferme direction du Parti communiste chinois que nous avons frayé la voie du socialisme à la chinoise, donné naissance à la théorie du socialisme à la chinoise, mis en place le système du socialisme à la chinoise, développé une culture socialiste à la chinoise, de sorte que la Chine est en phase avec son temps, a réalisé de grands bonds prodigieux, passant d’une nation qui s’est relevée à une nation riche, puis à une nation puissante. La Chine a offert à l’humanité la sagesse et les propositions chinoises pour résoudre ses problèmes.

Il est à souligner que le système choisi par un pays est déterminé par son héritage historique, ses traditions culturelles et son niveau de développement économique et social, et par la population de ce pays. Pour déterminer si un système est bon et favorable ou non, il convient de le juger et de l’appréhender d’un point de vue politique et général, et surtout de voir s’il est adapté aux conditions nationales, s’il est efficace et s’il est soutenu par le peuple. « Seul celui qui les porte sait si ses chaussures lui conviennent ou non. » De même, il n’y a pas de modèles de système politique identiques dans le monde. Il ne faut pas juger les systèmes politiques de manière abstraite sans tenir compte des conditions socio-politiques spécifiques et des traditions historiques et culturelles, encore moins copier mécaniquement ceux des autres pays.

5. Q : La Chine est de nos jours une nation en passe de vaincre la pauvreté. Il y a quarante ans cela était un rêve. Votre pays, Excellence Monsieur l’Ambassadeur, a fait un bond prodigieux dans tous les domaines. Aujourd’hui, la Chine occupe une place de choix dans le monde. Voulez-vous partager votre expérience ?

R : Depuis la fondation de la République populaire de Chine, en particulier depuis le lancement de la réforme et de l’ouverture, nous avons fait valoir à plein la supériorité du système socialiste à la chinoise, libéré et développé les forces productives, et obtenu des réalisations de développement et de gouvernance mondialement reconnues. Nous avons mis des décennies pour accomplir le processus d’industrialisation que des pays développés ont réalisé en plusieurs centaines d’années. La Chine est passée d’un pays pauvre et arriéré à la deuxième économie du monde, d’un pays où la population menait une vie nécessiteuse à l’un des pays à revenus intermédiaires du monde.

Cette année marque en Chine une année décisive pour éradiquer la pauvreté. La nation chinoise éliminera la pauvreté absolue pour la première fois dans son histoire et réalisera le premier objectif du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU avec dix ans d’avance. Dans la lutte contre la pauvreté, nous avons acquis beaucoup d’expérience et d’inspiration. Sur le plan national, nous sommes attachés à la direction du Parti communiste chinois, nous avons valorisé pleinement nos propres atouts et avantages et formulé des plans de développement adaptés aux conditions locales ; nous avons focalisé l’attention sur la construction économique pour promouvoir le développement global. Sur le plan international, nous avons pris l’initiative de nous adapter à la tendance de la mondialisation, de renouveler les concepts de développement, de perfectionner les lois et les règlements, de lancer des politiques préférentielles et de participer activement à la gouvernance mondiale et à différents types de coopérations internationales.

L’ouvrage du Président Xi Jinping intitulé « Sortir de la pauvreté » regroupe ses réflexions et pratiques importantes concernant la réduction de la pauvreté et le développement local pendant son travail à Ningde, dans la province du Fujian. Le Président Alpha Condé, après une étude consciencieuse de cet ouvrage, a approuvé profondément les idées importantes du Président Xi Jinping, telles que « Le soutien moral et intellectuel doit passer avant la réduction de la pauvreté » ou « Les oiseaux faibles se mettent à voler avant les autres ». Il est d’avis que ces idées importantes sont à étudier et peuvent servir de référence à la Guinée et aux autres pays en développement. Je conseille aux amis de la presse et aux lecteurs de lire l’ouvrage, et je suis sûr que ce sera fructueux.

6. Q : Comment entrevoyez-vous l’avenir des relations sino-guinéennes ?

R : L’année dernière, nous avons célébré solennellement le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la Guinée. Le Président Xi Jinping et le Président Alpha Condé ont échangé des messages de félicitations, ce qui a indiqué l’orientation à suivre pour le développement des relations bilatérales. Se trouvant à un nouveau point de départ historique, les deux parties devraient saisir l’occasion offerte par la mise en œuvre de l’important consensus dégagé par les deux Chefs d’État, appréhender pleinement l’opportunité historique de la construction de « la Ceinture et la Route » et du développement vigoureux de la coopération sino-africaine, consolider l’amitié et la confiance mutuelle, et approfondir la coopération pragmatique. Fidèles à leur engagement initial de l’amitié, elles devraient partager les opportunités de développement et faire avancer le partenariat stratégique global entre la Chine et la Guinée pour le mieux-être des deux pays et des deux peuples, et contribuer à la construction d’une communauté de destin sino-africaine plus étroite.

7. Q : Avez-vous un message particulier à faire passer surtout au moment où le veillant peuple chinois se bat contre le coronavirus ?

R : Dès l’apparition du Covid-19, les dirigeants et le gouvernement chinois y ont attaché une grande importance. Au premier jour de la Fête du Printemps, Nouvel An chinois, le Président Xi Jinping a présidé une réunion du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC pour prendre un ensemble de dispositions et lancer une mobilisation générale pour combattre l’épidémie, ce qui a annoncé le début d’une bataille nationale de prévention et de contrôle. Le gouvernement chinois a mis en place sans tarder un mécanisme national, rassemblant les ressources nationales et adoptant les mesures les plus complètes, les plus rigoureuses et les plus énergiques pour lutter contre l’épidémie, dont beaucoup dépassent les exigences du règlement sanitaire international et les recommandations de l’OMS. La Chine, dans un esprit ouvert, transparent et hautement responsable, partage les informations avec la communauté internationale en temps opportun, renforce continuellement la coopération et met tout en œuvre pour réduire les risques de propagation de l’épidémie. Nous pouvons dire que cette bataille contre l’épidémie est une guerre générale et une guerre populaire. Tout le monde déploie des efforts à cette fin et tout le monde joue son rôle. Sur le territoire chinois de 9,6 millions de kilomètres carrés, les 1,4 milliard de Chinois, unis comme un seul homme, mènent la prévention et le contrôle de l’épidémie de manière approfondie et complète. C’est inédit dans l’histoire du pays et inimaginable, comme l’ont pleinement affirmé et hautement apprécié l’OMS et bon nombre de pays. Le Président Alpha Condé a également adressé une lettre au Président Xi Jinping pour saluer et soutenir fermement les efforts du gouvernement et du peuple chinois visant à lutter contre l’épidémie. Nous en sommes profondément reconnaissants.

À présent, la prévention et le contrôle de l’épidémie ont donné des résultats positifs en Chine. Nous avons la détermination, la capacité et la confiance de vaincre l’épidémie dans les meilleurs délais, et nous continuerons de contribuer activement à la sécurité sanitaire internationale et régionale.

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